La poursuite d’un progrès économique effréné s’est traduit par de lourdes contraintes sur le milieu naturel. La pollution nous prend à la gorge, et le bouleversement climatique étouffe les capacités de production alimentaire, en raison des sols devenus stériles. On constate un retour vers l’ordre antique de la nature, suite à une meilleure conscience de l’interaction avec l’environnement.

Nostalgie des temps primitifs : homme et nature

A l’heure où le développement économique provoque une dégradation intempestive de l’environnement, l’homme regrette l’heureux temps où il a vécu en harmonie avec le milieu naturel. Il se nourrissait de produits de la terre et de la domestication du bétail. Il n’a pas joui du luxe technologique. Mais l’air était pur, le climat n’est pas si hostile, l’avenir était plein de promesses pour les nouveaux arrivants au banquet de la nature.

Interdépendance entre l’homme et son environnement

La sagesse de protéger l’environnement et de reconnaître les immenses bienfaits du sol ou de la forêt pour l’espèce humaine n’est venue à l’homme qu’à un âge tardif, lorsque les richesses naturelles commencèrent à s’épuiser. C’est seulement depuis la première moitié du 20ème siècle que l’on a pris conscience que l’eau n’est pas intarissable, et que si aucune mesure n’est prise pour rationaliser les pratiques de consommation, des régions entières du monde seraient concernées par le déficit en eau. L’avancée du désert, due au raccourcissement des saisons humides et à l’assèchement des nappes phréatiques, suscite l’inquiétude autour du potentiel de production agricole. Les gouvernements des pays à économie primaire craignent le pire pour le rendement de leurs cultures vivrières, face à l’érosion et au ravinement des sols. Ils s’efforcent de compenser les pertes de fertilité par des subventions en engrais et en variétés de souches performantes, en vue de défendre la satisfaction des besoins nutritionnels des populations en toute dignité. La recherche insatiable d’une croissance économique accélérée n’est pas compatible avec la durabilité de l’écosystème.

Une reconversion difficile vers l’ordre antique

Les trois récentes décennies ont vu naître des initiatives énergiques autour de la préservation de l’écosystème. L’homme s’applique à apprécier l’importance de la nature. Il reverdit les paysages avec le même effort qu’il mettait autrefois pour abattre et détruire aveuglément la végétation. Les aires protégées deviennent un lieu de promenade et d’attraction touristique. Si on ne pratique plus des libations en l’honneur de Bacchus, les hôtels de loisirs organisent des voyages collectifs pour l’exploration des vignobles et la dégustation des vins AOC.  Dans les musées d’aquarium, les gens s’émerveillent du spectacle des requins, des phoques et des coraux multicolores qui tapissent les profondeurs de la mer. Il y a une chose que l’homme a appris : il est appelé à régner en maître sur la nature, mais son rôle est aussi de la préserver.

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